Laura Quentin, Assistante Maternelle

« Avec les enfants, on réinvente la vie chaque jour »

Souriante, pleine d’énergie, Laura Quentin fait partie de ces jeunes femmes qui ont choisi de donner du sens à leur quotidien en devenant assistante maternelle. Installée à Juignettes, elle accueille à 36 ans trois enfants à son domicile, avec passion et bienveillance. Rencontre.

Tu as exercé dans un tout autre domaine avant de devenir assistante maternelle. Qu’est-ce qui t’a fait changer de voie ?

Oui, après le Covid, je suis revenue m’installer dans la région, ici à Juignettes, après quelques années à Paris où j’ai eu mon premier enfant. J’ai travaillé plusieurs années dans un groupe à Saint-Ouen-sur-Iton (Pays de l’Aigle), où je réglais les machines. J’ai toujours aimé m’occuper des enfants, j’en ai souvent eu à la maison et les journées passaient à une vitesse folle ! J’ai compris que je voulais que cela ne reste plus seulement un passe-temps.

Comment s’est passée ta reconversion ?

J’ai eu mon deuxième enfant en 2022 et, en parallèle, j’ai passé à distance un CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance (AEPE). À chaque fin de stage, je pleurais de quitter les enfants… C’est là que j’ai su que j’étais à ma place. Travailler entre adultes ne me correspondait plus. J’étais stressée, triste. Avec les enfants, c’est tout le contraire : on réinvente la vie. Il n’y a pas plus naturel qu’un enfant. Avec chaque nouvel accueilli, une véritable relation à trois s’installe : l’enfant, le parent et moi. L’un ne va pas sans l’autre et on ne peut pas imposer son propre schéma. C’est un vrai travail d’équipe.

Tes journées sont longues, avec des horaires très flexibles. Comment gères-tu ce rythme ?

Je commence à 7h15 et je termine vers 20h15. Le samedi, j’accueille souvent jusqu’à 19h30. Certains parents ont des horaires atypiques — infirmière, commerçants… — alors je m’adapte. Je ne le vis pas comme une contrainte, au contraire. C’est un métier de choix qui me permet de concilier les deux : ma vie de famille et ma vie professionnelle.

Tu participes régulièrement aux activités du Relais Petite Enfance (RPE). Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Le métier d’assistante maternelle évolue sans cesse, avec un nouveau référentiel, des formations régulières… Le RPE, c’est un vrai lieu ressource. Avec Émilie, la responsable, et les autres assistantes maternelles, on échange nos expériences, on partage des conseils, on ne se sent pas seule. Et pour les enfants, ils découvrent d’autres enfants, apprennent à partager, à évoluer en groupe.

Accueillir des enfants chez soi, ça demande une vraie organisation ?

Oui, bien sûr. On prête littéralement sa maison. Il faut qu’ils s’y sentent bien et en sécurité. J’ai installé des aimants aux placards, des bloque-fenêtres, une barrière à l’escalier… En tout, j’en ai eu pour une cinquantaine d’euros, et ça ne dénature pas du tout ma maison. Une infirmière de la PMI est venue me conseiller, et elle m’a vraiment été utile. Le but, c’est de limiter les accidents : il suffit de deux secondes pour qu’un incident arrive.

 

Et ta famille, comment vit-elle ton métier ?

Mon mari m’a soutenue dès le début dans ma reconversion. Il m’a par exemple aidée à sécuriser la maison. Le soir, c’est lui qui s’occupe des devoirs, des repas, du coucher. C’est grâce à lui que je peux être totalement disponible pour les enfants que j’accueille. Nos enfants adorent jouer avec les petits, et même les papas qui viennent récupérer leurs enfants échangent souvent avec mon mari. Il y a une belle atmosphère à la maison.